[ Episode 1 / Partie 1 ]
___________
__Episode : [ Balayage de vies ]Musique : [ Nickelback / Far Away ]__
__________Il fit balancer sa tête de gauche a droite pour en faire craquer les articulations, violemment. Il renoua distraitement son n½ud papillon. Un étrange sentiment lui interdisait de se barrer en courant avant qu'il ne soit trop tard, mais il en crevait d'envie. Ce n'est pas vraiment qu'il n'avait pas envie de se marier... Mais c'était surtout Joyce qui avait voulu, et puis comme a son habitude, Soane avait cédé a son caprice. Il ne voulait que le bonheur de sa future femme, après tout. Et ça, même a ses dépens. Il s'asseya en face du miroir, lui renvoyant un homme qui ne connaissait pas. Qu'était til en train de faire? Il ravala la bille coincée au fond de sa gorge, et fit en sorte de paraitre normal. Sans une once de discrétion, son témoin entra dans la pièce. C'était un inconnu pour Soane. Un cousin de Joyce, qu'il avait rencontré dans la matinée. Mais Soane, n'avait pas d'amis, pour le représenter. Ou du moins, n'en n'avait plus. L'homme, dont il avait oublié le nom, lui appris qu'il était temps de se rendre jusqu'à l'autel. Et Soane, non pas sans avoir lourdement soupiré, s'exécuta, dans une sorte de semi-conscience. Il quitta ses rêveries, lorsque toute l'assemblée se leva dans un même écho. Il remarqua seulement alors, l'orgue jouant un air qu'il connaissait. Il s'avança d'un pas vers Joyce, salua son père l'amenant jusque là, et prit la main de sa future femme. Il n'écouta pas le prêtre. Mais il fut obliger de tendre l'oreille en entendant son nom.
- "Avant d'unir Soane, Maé Tanner et Joyce, Lindsey Ryley dans les joies et les contraintes du mariage, je les invite a lire leurs v½ux respectifs, qu'ils ont souhaités écrire eux mêmes."
Encore une idée de Joyce. Et Soane n'avait pas eu la moindre idée. Le syndrome de la feuille blanche. Il laissa la jeune femme prononcer son discours, qu'elle avait dût mettre des jours entiers a écrire. Une fois de plus, Soane, n'écouta pas, se contentant d'observer, celle aux coté de laquelle, il passerait désormais sa vie, un sourire forcé sur les lèvres. Le silence régna soudainement en maître dans l'église, et le garçon comprit que c'était a lui, de prôner l'amour. Il sortit de la poche intérieur de sa veste de smoking, une feuille qu'il déplia. Il se racla la gorge.
- "Qui était-je pour te faire attendre! Juste une chance, juste un souffle, au cas où il n'en reste qu'un. Parce que tu sais, que je t'aime, je t'ai toujours aimé. Et tu me manqueras. J'étais éloigné pour beaucoup trop longtemps. Je continu à rêver que tu seras avec moi, et que tu ne partiras jamais. J'arrête de respirer si je ne te vois plus.
A genoux, je demanderai, une dernière chance pour une dernière danse. Parce que avec toi, je résisterais. Je résisterai a tout l'enfer pour prendre ta main. Je donnerai tout. Je donnerai pour nous, n'importe quoi mais je n'abandonnerai pas. Parce que tu sais que je t'aime. Je t'ai toujours aimé"
Joyce dégagea une larme encombrant sa joue, et Soane ravala sa salive. Dans le mortuaire silence de l'église Saint-Joseph, un toussotement se fit entendre, parmi l'assemblée. Soane, n'osant regarder, distingua un silhouette, se levant.
- "Hum... Objection?"
La voix féminine était fluette, et désolée dans ce dérangement. Elle ignorait si le terme Objection convenait aux circonstances, et en était plus que gêné. Les murmures parcoururent les invités. La jeune brunette, était d'habitude, du genre discrète, et n'aurait jamais osé cela, autrefois. Soane, avait reconnue la voix brisée qu'il avait durant tant d'heures, écoutée. Et alors, que Joyce restait bouche bée, devant le spectacle, Soane, gardait les yeux fermés priant pour que ce ne soit qu'un rêve, malgré les pressentiments qu'il avait eu.
- "Je n'ai pas poser la fatidique question Mademoiselle, c'est pourquoi, je ne vous donne pas le droit d'objecter quoi que ce soit." La sermonna le curé.
- "Ohh... Pardonnez moi, mon père. Reprenez!" S'excusa t-elle poliment en se rasseyant.
Joyce n'en revenait pas. Le curé repris son discours, et lorsqu'enfin vînt le moment de poser la question malencontreusement attendue, il dirigea son regard sexagénaire vers l'inconnue.
- "A présent, si quelqu'un a une quelconque objection à faire à cette union, qu'il parle maintenant ou se taise a jamais."
Joyce pria intérieurement pour que la malotrue ne se lève pas de nouveau. Mais la brunette n'y manqua pas. Les chuchotements reprirent parmi les invités, choqués, tandis que le paupières de Soane restaient toujours closes. Cette fois, l'inconnue, s'adressa directement a Joyce.
- "Loin... Loin de moi l'idée de gâcher le plus beau jour de ta vie ou quoi que ce soit d'autres mais... Mais tu ne pas épouser ce gars-là, ma vieille!" Joyce s'approcha d'un pas, choquée par cette familiarité. " D'abord, ses v½ux sont faux! Ce sont les paroles d'une chanson de Nickelback. Merveilleux morceaux d'ailleurs. Et puis... Il a fait un pacte avec une autre femme, tu comprends? Et une promesse est une promesse, non?"
La jeune femme semblait incroyablement naïve. Ne vous y fiez pas. Ce n'est qu'une des nombreuses facettes d'Eden. Joyce s'approche dangereusement du troisième rang, où avait pris place l'autre jeune femme. Pour la première fois, depuis le début de la cérémonie. Derrière son ex-future-femme, il s'empressa, de lui prendre le bras pour la ramener vers lui.
- "Qu'est ce que c'est que cette histoire, Soane?" Les sanglots affluaient au fin fond de sa gorge.
- "Je m'en occupe, okay? Le temps de régler tout ça, et je reviens, c'est promis."
Il l'embrassa sur le front, sous les questionnements silencieux ou non, de la petite centaine d'invités. Il se dirigea d'un pas colérique, vers Eden. Comment pouvait t-elle? Bien sûr, il savait quelle date on était. Et oui, il avait un énorme mauvais pressentiment en se levant mais de là, à la voir, elle. Il pressa sa main, contre son bras, et l'emmena au dehors de la chapelle. Une fois dehors, il fût incapable de ne prononcer ne serait-ce qu'un mot. Elle, elle alluma une cigarette light. Il s'asseya sur le marches, les jambes écartées, les coudes sur les genoux, et la tête entre les mains. Elle l'observa avec intention. Soane Tanner avait bien changé. Ce n'était plus celui qu'elle avait connu autrefois. Oh non : Il avait beau se prétendre heureux, ce grand con, il n'était à présent, qu'une épave.